La restauration des fleuves

Session B7 : (micro) plastiques dans les rivieres

BARTHÉLÉMY Nans, MERMILLOD-BLONDIN Florian, KRAUSE Stefan, DATRY Thibault, SIMON Laurent

France

Résumé : Les microplastiques (MPs) représentent une pollution pour les rivières et ont des patrons d’accumulation et transport complexe au sein de ces écosystèmes. Ces patrons dépendent en partie des caractéristiques environnementales propres à chaque rivière, parmi lesquelles l’hydrologie joue un rôle primordial. Cependant, les effets de l’intermittence de débit sur ce phénomène de transport et d’accumulation restent encore méconnus. Dans cette étude, nous avons comparé les caractéristiques des MPs présent dans les sédiments de zones d’accumulation de sections intermittentes et pérennes du bassin versant de l’Albarine (Ain). Nous avons également considéré les effets d’autres variables environnementales reconnues pour leur effet sur la concentration de MPs (occupation des sols, distance à la route…). Les résultats de cette étude montrent que l’abondance et la taille moyenne des MPs augmentent avec la proximité des sites par rapport aux routes. Cela peut s’expliquer par la présence de plusieurs dépôts sauvages situés à proximité de certaines routes. Aucun effet de l’intermittence n’a été observé sur l’abondance des MPs. Cependant la taille moyenne de MPs tend à être plus élevée dans les sections intermittentes que dans les sections pérennes. Cette étude offre ainsi des pistes à explorer quant aux effets de l’intermittence sur les caractéristiques des MPs présents dans les sédiments des rivières. Elle suggère également que des mesures de gestion locale visant à nettoyer les dépôts sauvages situés à proximité des rivières pourraient être un moyen efficace de réduire la contamination en MPs des rivières.


DARMON Gaëlle, GOUTALAND David, MOREIRA Sylvain, PORTALIER Romain, BRIAND-PONZETTO Claudie, KHAMLA Karim, LEBLANC Olivier, LACAILLE Samuel, LANDAIS Patrice

France

Résumé : Les macro-déchets sauvages sont un fléau pour l’environnement et engendrent des coûts économiques et sanitaires importants. Souvent véhiculés par les eaux de ruissellement et les réseaux d’assainissement, ils affectent les rivières et la biodiversité. La Métropole de Lyon a initié un projet visant à réduire les macro-déchets dans ses réseaux hydrographiques. Une expérimentation en réseau d’assainissement utilisant des filets de rétention a permis de quantifier et caractériser les déchets, les lingettes représentant la majorité des déchets collectés. Bien que plusieurs facteurs sont susceptibles d’influencer les flux observés, cette expérimentation a montré que les quantités de lingettes, en moyenne 60 par heure lors des pics d’eaux usées, sont très importantes. Les quantités déversées sont bien moindres mais tout de même importantes (au minimum 6 lingettes/jour). Souvent constituées de plastiques, elles engendrent des problèmes paysagers, environnementaux et sécuritaires importants. Des solutions curatives comme les filets de rétention aux exutoires des déversoirs d’orage, se révèlent difficiles à maintenir sur le long terme en raison des contraintes logistiques. Il est donc essentiel de mettre en place des mesures en amont, telles que des réglementations plus strictes sur la composition des produits jetables et la promotion de solutions alternatives, ainsi que des actions de sensibilisation.


CHARDON Valentin, WENGER Romain, KELLER Benjamin, GRIMMER Gauthier, ESCHBACH David

France

Résumé : Depuis une décennie, de nombreuses études visent à quantifier la pollution des déchets plastiques au sein des hydrosystèmes. En grande majorité, ces études s’intéressent uniquement à un type de flux et encore trop peu de manière globale (débris flottants, débris dans la colonne d’eau et dans la matrice sédimentaire). La présente étude, menée sur une rivière périurbaine (Steingiessen) située sur le territoire de L’Eurométropole de Strasbourg, vise à partir d’un suivi multi-méthodes innovant de combler en partie cette lacune. Ce projet à moyen-terme à pour ambition d’apporter des solutions de gestion optimale vis à vis des flux de déchets plastiques au sein du Steingiessen et d’analyser le potentiel de transposabilité de cette étude à d’autres sites alluviaux présentant une problématique similaire.


ALLOU Sabine, LEROUX Clément, OLLION Charles

France

Résumé : L’ONG Surfrider Foundation a expérimenté l’intelligence artificielle pour cartographier et quantifier la pollution plastique dans les rivières européennes. L’objectif est de permettre citoyens de contribuer à la collecte de données en filmant les berges lors de sorties en kayak via l’application mobile Plastic Origins. L’IA développée, nommée Surfnet, analyse ces vidéos pour détecter les macrodéchets, en combinant technologies de vision par ordinateur et de tracking vidéo. L’IA permet une collecte plus standard et à grande échelle que les méthodes manuelles, souvent sujettes à des erreurs d’observation. Un jeu de données d’entraînement de 5 000 images labélisées a été constitué grâce aux contributions de bénévoles et des techniques comme l’augmentation de données ont été employées pour améliorer les performances. Le projet met également en avant une démarche frugale en utilisant des technologies TinyML, visant à minimiser les coûts monétaires et environnementaux de l’IA, et une R&D de pointe sur l’IA mobile diminuant notamment les opérations hébergées sur le cloud. Bien que le projet sensibilise efficacement le grand public et les décideurs aux enjeux de la pollution plastique en rivière, des défis persistent, tant sur le terrain que sur le plan technologique pour en faire un véritable outil de diagnostic.