Jeudi 3 juillet – 11h15
11:15
Effets de l’élimination anthropique de la végétation sur la dynamique fluviale : analyse d’une rivière à méandres en Croatie
AUTEURS
PAVLEK Katarina, POEPPL Ronald E., GAŠPAROVIĆ Mateo
Croatie
Résumé : Cette étude analyse les changements du lit à méandres de la rivière Orljava en Croatie au cours des 50 dernières années, en se concentrant sur la réponse de la rivière aux inondations avant et après l’élimination anthropique de la végétation riveraine en 2011. Les images aériennes, les orthophotos et les cartes topographiques ont été utilisées pour analyser les changements morphologiques du lit. Pour la période 2011-2021, une classification orientée-objet de l’occupation du sol a été appliquée aux images afin d’automatiser la vectorisation des formes fluviales. Pour déterminer les facteurs influençant les taux de migration latérale (le principal indicateur lié à la morphologie méandriforme), des données sur la taille et la durée des inondations, la végétation ligneuse riveraine et la géométrie du lit (largeur, sinuosité et pente) ont été analysées statistiquement. Les résultats indiquent que le taux de migration latérale a quadruplé, tandis que l’élargissement du chenal a atteint 40 % après l’élimination de la végétation en 2011. L’analyse statistique a révélé que les taux de migration latérale étaient négativement liés à la présence de végétation riveraine et positivement liés à la durée et à la magnitude des inondations ainsi qu’à la pente du lit. Ces résultats soulignent le rôle de la végétation dans la stabilisation des rives et la réduction de l’érosion, suggérant que sa restauration est essentielle pour réduire les risques d’inondation et améliorer la stabilité du lit. En outre, la préservation de la sinuosité naturelle favorise la diversité géomorphologique et renforce la stabilité du lit en réduisant la pente et la puissance du courant.
11:35
Suivi des processus de revégétalisation en lit endigué sur des bancs déboisés et arasés : le cas de l’Isère en Combe de Savoie
AUTEURS
GODFROY Julien, BORGNIET Laurent, BOISSY Thibault, MELUN Gabriel, PIÉGAY Hervé, JANSSEN Philippe
France
Résumé : Afin de comprendre et caractériser les effets des travaux destinés à limiter les processus de végétalisation en rivière, il est nécessaire de s’appuyer sur des données d’évaluation fiables des trajectoires des milieux riverains, cela tant dans les phases de diagnostic que dans les phases post-travaux. Les outils de la télédétection fluviale sont importants pour répondre à ces enjeux car ils permettent de réaliser un suivi standardisé et sont de plus en plus accessibles aux gestionnaires des cours d’eau. En prenant pour exemple le cas de l’Isère en Combe de Savoie où la végétalisation des bancs entraine une perte de biodiversité et une augmentation des risques d’inondation, nous montrons l’intérêt d’un suivi à haute résolution spatiale et temporelle par drone pour caractériser les dynamiques spatio-temporelles de la végétation après les travaux de déboisement, de dessouchage et de remodelage des bancs. Pour ce faire, nous nous appuyons sur des campagnes biannuelles encadrant la saison végétative et permettant de retracer la dynamique des tâches de sédiments fins et de végétation qui se sont développées sur les bancs. En évaluant l’âge, la croissance et la réponse des unités végétales aux crues hivernales au cours du temps, ces données permettent de caractériser les dynamiques de recrutement et d’établissement des végétations et ainsi de comprendre plus globalement l’évolution des formes fluviales suite aux interventions. Croiser ces dynamiques avec l’hydrologie au cours de la saison estivale permettra par la suite de mieux évaluer ses effets sur le recrutement et l’établissement de la végétation.
11:55
Quelle place pour les renouées dans les hydrosystèmes alluviaux en changement ?
AUTEURS
DE LA FORGE Irène, COTTET Marylise, PIOLA Florence
France
Résumé : Dans le contexte des écosystèmes soumis aux changements globaux, la biologie de la conciliation propose de reconnaitre la présence d’espèces exotiques envahissantes comme un moyen d’assurer des fonctions écologiques précieuses. Ce projet a pour objectif d’évaluer, à partir d’entretiens réalisés avec des experts scientifiques et gestionnaires, la pertinence d’un changement de paradigme de gestion, impliquant l’intégration de ces espèces dans les hydrosystèmes soumis à de fortes contraintes anthropiques. Pour ce faire, nous avons caractérisé les représentations que ces experts ont du rôle des renouées asiatiques au sein des écosystèmes alluviaux et des stratégies de gestion à mettre en œuvre à leur égard. Une enquête par entretiens semi-directifs a été menée auprès de 20 gestionnaires (syndicats de rivière, bureaux d’études en environnement, entreprises spécialisées dans la gestion des renouées et Agence de l’eau) et de 12 scientifiques (écologues, hydrobiologiste, géographe, chimiste, agronome et économiste), nous permettant de clarifier les arguments autour du paradigme de la conciliation. Les résultats indiquent que les interventions de lutte motivées par la volonté de protéger la biodiversité sont structurées par des dynamiques économiques, politiques et de production et de circulation des savoirs. Les résultats indiquent également que la stratégie de gestion actuelle des renouées se réfère à une lutte ponctuelle sur des secteurs à enjeux. De plus, leurs rôles fonctionnels sont plus souvent inconnus que rejetés par une majorité des experts interrogés.