Session C4 – Gouvernance territoriale de l’eau face au changement climatique les espaces méditerranéens


14:00

AUTEURS

GIRARD Sabine, Adrien Mollaret

France

Résumé : La Commission Locale de l’Eau du bassin versant de la Drôme, première en France, a trente ans, ce qui donne un certain recul sur la mise en œuvre, dans les territoires, de la politique de gestion participative et intégrée de l’eau. Comment cette instance de démocratie locale, en charge de planification stratégique, résiste où se recompose face aux défis renouvelés du changement climatique et ses effets sur les sociétés?  Le contexte est notamment marqué par les incertitudes scientifiques, les inerties institutionnelles, et une demande croissante d’implication citoyenne dans l’élaboration et la prise de décision publique.  A partir de ce cas d’étude, suivi sur le temps long par le biais de plusieurs projets de recherche, nous dressons un bilan des avancées, limites et enjeux de la Commission Locale de l’Eau du point de vue démocratique. Puis nous explorons deux expériences d’amplification de la participation locale, au-delà des habituels représentants désignés, avant de discuter plus spécifiquement des défis procéduraux de démocratisation de la gestion territoriale de l’eau.


14:20

AUTEURS

DORCHIES David, DEBOLINI Marta, GRAVELINE Nina, IMBESI Filippo, LE-GALLO Juliette, ORLANDO Kevin Bosirany

France

Résumé : Dans la région méditerranéenne, le changement climatique augmente considérablement les besoins en eau des cultures, tandis que les ressources en eau se raréfient en raison de la réduction et de la modification des régimes pluviométriques entraînant des crises de l’eau plus fréquentes et intenses. Le projet Talanoa-Water propose d’y répondre en combinant le dialogue entre les parties prenantes pour faire émerger collectivement des stratégies d’adaptation transformatives, et une modélisation permettant d’évaluer la performance de ces stratégies. Cette expérience a été notamment menée sur l’Aude Médiane et Aval, l’un des bassins hydrographiques les plus surexploités de France. La co-construction de stratégies d’adaptation du secteur agricole et de la gestion de l’eau au changement climatique s’est faite autour d’une séries d’ateliers participatifs engageant plus d’une centaine de participants représentants les différentes parties prenantes. Elles ont d’abord élaboré des scénarios prospectifs d’évolution de l’économie locale, du développement agricole, des usages de l’eau pour quatre contextes issues de trajectoires socio-économiques (SSP). Elles ont ensuite été amenées à proposer des stratégies d’adaptations déclinées en paquets d’actions pour ces différents contextes. Elles ont aussi activement participé à l’élaboration du modèle représentant les dynamiques hydrologiques, agronomique et économique et chargé d’évaluer la performance des stratégies d’adaptation proposées par les acteurs. La dynamique d’acteurs et les résultats du laboratoire « Audois » sont désormais largement réutilisés dans le cadre du PTGE du bassin de l’Aude.


14:40

AUTEURS

DUMOULIN Pascal, GARRIGOU Johan

France

Résumé : Le SMAVD a initié la démarche C3PO pour évaluer les effets du changement climatique sur la ressource en eau de la Durance, les usages socio-économiques et les milieux. Le programme national Explore2 fournit les débits futurs à l’échelle de la France sur plus de 4000 points. L’intégration de ces données à l’outil C3PO a permis de réaliser une simulation confrontant le territoire d’aujourd’hui (usages et règles de gestion actuels) avec la ressource en eau future projetée par Explore2. L’outil d’aide à la décision C3PO accompagne les travaux de la Commission Locale de l’Eau du SAGE Durance : il permet de mettre en débat le partage futur de l’eau de la Durance et de tester des leviers d’adaptation aux effets du changement climatique.

Cet article présente une synthèse des principaux choix méthodologiques réalisés pour mener à bien cette première simulation : effectuer une sélection des futurs hydrologiques possibles ; définir et valider avec les acteurs du territoire les indicateurs d’évolution pertinents. Les résultats basés sur le scénario RCP8.5 sont présentés pour deux niveaux de réchauffement modéré (+2-3°C) et fort (+4-5°C). Ils mettent en évidence la mise en tension de la gestion multi-usages du fait de la baisse de la ressource en eau projetée notamment en période estivale : augmentation du besoin de soutien d’étiage par les retenues ; augmentation de la durée et de la fréquence des restrictions sur les usages agricoles notamment ; diminution de la valorisation énergétique des aménagements hydro-électriques ; diminution du taux de remplissage estival des grandes retenues pour le tourisme.


15:00

AUTEURS

GHIOTTI Stéphane

France

Résumé : Le bassin versant de l’étang de l’Or, aménagé et développé depuis plus d’un demi-siècle autour d’infrastructures d’irrigation et touristique de dimension régionale voit émerger la problématique des sécheresses et de l’adaptation aux effets du changement climatique. La communication analysera à la lumière des débats en cours sur l’élaboration d’un SAGE, comment les acteurs et institutions du bassin versant abordent le fait de devoir intégrer cette nouvelle dimension dans un bassin présenté comme sécurisé par l’eau du Rhône.


15:20

AUTEURS

HEMINGWAY Charlotte, HASSENFORDER Emeline, VENOT Jean-Philippe, CHRII Samia, MEKKI Insaf, MORARDET Sylvie

France

Résumé : Limaoua est une petite région agricole située dans le gouvernorat de Gabès, dans le sud-est de la Tunisie. Cette zone aride est confrontée à une dégradation des ressources en eau souterraine, tant en quantité qu’en qualité, comme en témoignent l’abaissement de la nappe et l’augmentation de la salinité. Depuis les années 1970, les politiques publiques ont favorisé l’irrigation, si bien qu’aujourd’hui 24% des terres cultivées de Limaoua sont irriguées. Les plantations fruitières pérennes irriguées—en particulier d’oliviers, d’orangers et de grenadiers—se développent, largement dues à l’installation d’agriculteurs « spéculateurs » venus d’ailleurs. Face à la crise actuelle et imminente des eaux souterraines, les autorités locales ont instauré en 2017 une « zone de sauvegarde » où le forage de nouveaux puits est interdit. Malgré cette mesure, des forages illicites sont réalisés. Pour répondre à ces enjeux, la gouvernance collective de l’eau souterraine est nécessaire. L’objectif de ce travail est de sensibiliser aux interdépendances entre les acteurs partageant cette ressource commune, d’identifier les facteurs sociaux à l’origine des enjeux environnementaux, et de co-construire des scénarios visant une gestion durable des ressources. Pour répondre à cet objectif, nous proposons une nouvelle approche pour la co-gestion de cette ressource, qui intègre la diversité sociale des acteurs locaux, s’appuyant sur des méthodes participatives et l’approche du métabolisme social. Cette approche est particulièrement importante dans un contexte marqué par d’importantes inégalités d’accès au foncier et aux ressources agricoles.