Session B6 – La restauration des fleuves : quelles leçons en tirer ?


08:30

AUTEURS

BRIERLEY Gary, THOMAS Megan, HAN Meiqin, HIKUROA Dan, SALMOND Anne, KYTHBERG Billie, HUANG He Qing

Nouvelle Zélande

Résumé : Les approches de la restauration des rivières sont très contestées. Une lentille plus qu’humaine (écocentrique) qui envisage ces questions du point de vue de la rivière elle-même offre potentiellement des opportunités pour désamorcer de telles contestations. « Laisser parler une rivière » englobe les relations et les pratiques socioculturelles qui fonctionnent avec et dans les rivières en tant que communautés vivantes de la terre, de l’eau, des plantes, des animaux et des personnes. Travailler avec la rivière est une expression de ses droits – permettre simplement à une rivière d’être elle-même (s’ajuster, s’éroder, se déposer, inonder), en utilisant sa propre énergie pour prendre soin d’elle-même (pour s’auto-guérir). En termes plus larges, ces cadrages reconnaissent que ce qui est bon pour les cours d’eau est bon pour les communautés humaines et plus qu’humaines (c’est-à-dire que des rivières saines sont le produit de socio-écosystèmes sains, et vice versa). Une telle philosophie s’aligne sur une vision du monde indigène (Māori) en Aotearoa Nouvelle-Zélande et sur les applications de longue date (> 2000 ans) des principes taoïstes dans l’ouest de la Chine. À l’aide d’exemples provenant des deux pays, nous montrons comment les pratiques contemporaines peuvent s’appuyer sur les connaissances coutumières pour fournir une plate-forme cohérente pour revitaliser les rivières et atteindre (et œuvrer vers) des objectifs réalistes sur des périodes données. Les politiques et les pratiques émergentes en Chine intègrent cette pensée au cœur des mouvements vers une civilisation écologique. Bien que ces cadres soient profondément contextuels (basés sur le lieu, spécifiques aux bassins versants), nous soutenons que les principes qui émergent de ces études de cas peuvent soutenir les efforts visant à vivre de manière générative avec des rivières vivantes dans d’autres parties du monde.


08:50

AUTEURS

DUPUIS Mathieu

France

Résumé : En 2004, l’acquisition de 8ha de terrains le long de la rivière Clamoux sera le point de départ d’une politique de restauration hydromorphologique des cours d’eau dans le bassin versant de l’Aude, qui est maintenant déclinée dans l’ensemble du territoire. La décision de décorseter les berges et de laisser faire la dynamique fluviale naturelle et le passage de trois crues morphogènes importantes (2011,2017,2018) permettront la reconstitution d’une bande active large et fonctionnelle. Parallèlement la rencontre avec Gilles Arnaud Fassetta enseignant chercheur à L’université Paris 7 et le partenariat qui s’ensuivra permettra de suivre l’évolution du cours d’eau notamment le transport solide avec une acquisition de quinze ans de données. La diffusion des données scientifiques et les enseignements qui en seront tirés ont permis de mieux comprendre le fonctionnement des rivières torrentielles audoises, de pouvoir communiquer et former tous les acteurs décisionnels (élus, financeurs, etc…) afin de généraliser la mise en place d’opérations de restauration hydromorphologique basée sur des solutions fondées sur la nature. La régénération des fonctionnalités de la rivière et l’accroissement des services écosystémiques plaide pour une généralisation de ces opérations sur notre territoire.


09:10

AUTEURS


BRUNEEL Stijn, PAUWELS Ine, VANDAMME Lore, VERHELST Pieterjan, BROOS Sarah, COECK Johan, VERMEULEN Isaac, THIENPONT Kaat, VERMEERSCH Sophie, STEENDAM Charlotte, VAN WICHELEN Jeroen, DE MAERTELEIRE Nico, PLAETINCK Simon, ROSSEEL Didierik, LYSSENS Mylan, DE PAUW Bart, BAEYENS Raf, GELAUDE Emilie, ROBBERECHTS Karen, BUYSSE David

Belgique

Résumé : Le reméandrage des rivières est une pratique essentielle de la restauration des écosystèmes, car il permet de rétablir la dynamique naturelle des cours d’eau qui ont été redressés ou canalisés. Ce processus augmente la complexité de l’habitat, fournissant des ressources vitales pour les espèces aquatiques et terrestres, améliorant la qualité de l’eau grâce à la filtration des sédiments et renforçant la connectivité des plaines d’inondation. En recréant des méandres naturels, le reméandrage peut atténuer les risques d’inondation, favoriser la biodiversité et promouvoir la résilience des écosystèmes face aux effets du changement climatique. Cette approche est non seulement bénéfique pour la faune et la flore, mais elle renforce également les services écosystémiques qui soutiennent directement les communautés humaines. Dans la vallée du Zwarte Beek, l’une des vallées fluviales les plus naturelles de Flandre, la restauration de la rivière a été achevée en 2017 et d’anciens méandres ont été reconnectés. Avant et après la restauration, un suivi à long terme des sites de contrôle et des sites à méandres a été effectué et a fourni un riche ensemble de données sur la qualité de l’habitat et les communautés de poissons. Les résultats préliminaires indiquent une augmentation de l’hétérogénéité spatiale des habitats grâce à la création de mares et de radiers, relativement peu de temps après la restauration. Ces mares et ces radiers ne sont toutefois pas encore complètement formés et continuent à se développer. Après un délai de quelques années, la biomasse et la diversité des poissons ont été restaurées et la structure des assemblages de poissons a évolué vers une structure dans laquelle les espèces rhéophiles sont devenues beaucoup plus importantes. Les populations de ces espèces rhéophiles, telles que le chevesne européen, montrent des signes d’amélioration.