Mercredi 2 juillet – 16:30
16:30
Restauration des systèmes fluviaux par l’ajout de gros bois dans les rivières – exemples practiques
AUTEURS
KINGHAN Susie, MOTT Nick
Royaume Uni
Résumé : Le retrait du bois dans les cours d’eau au cours du temps et le dragage ont contribuer à créer des rivières encaissées, à fil unique, déconnectées de leur plaine d’inondation. La technique de restauration des rivières basée sur la nature, qui consiste à introduire du gros bois dans les chenaux fluviaux, présente de multiples avantages et peut être auto-restauratrice. Elle permet notamment d’améliorer la diversité des habitats, de rehausser le niveau du lit de la rivière, de créer de nouvelles caractéristiques à l’intérieur du canal, de reconnecter les plaines d’inondation, de gérer les inondations de manière naturelle, de développer des canaux fluviaux à fils multiples et d’améliorer la qualité de l’eau. Cette technique reproduit les effets naturels des tempêtes et de l’activité des castors. Si les avantages du bois dans les canaux sont bien connus, on dispose de moins d’informations sur la manière de mettre en œuvre cette technique peu coûteuse dans des contextes relativement contraignants. La méthode décrite ici utilise un treuil de tracteur pour tirer des arbres riverains entiers dans le canal de la rivière, et l’abattage à la tronçonneuse pour ajouter du bois dans le canal afin qu’il s’accumule sur les structures. Les sites idéaux disposent d’une couverture boisée établie qui peut servir de source de matériaux à ajouter à la rivière ainsi que d’espace pour la reconnexion entre la rivière et la plaine d’inondation. La taille des arbres doit au moins couvrir la largeur de la rivière afin d’être raisonnablement stable et d’éviter d’endommager les infrastructures en aval. Deux exemples récents issus du Royaume-Unis sont présentés ci-dessous.
16:50
Régulation naturelle du transport de bois flottant par piégage dans la ripisylve : retour d’expérience du Rieu Sec et de la Clamoux (Aude) suite à la crue d’Octobre 2018
AUTEURS
PITON Guillaume, DUPUIS Mathieu, BENAKSAS Swann
France
Résumé : Pendant les crues, en particuliers quand elles sont morphogènes, les rivières charrient du bois flottant formant parfois des embâcles sur les ponts, les dalots, les barrages et autres sections étroites du lit. Ce retour d’expérience porte sur deux cours d’eau situés dans l’Aude (Rieu Sec et Clamoux) qui ont subi de fortes crues en octobre 2018. Dans les deux cas, un transport de bois flottant a été observé, extrême dans le cas du Rieu Sec et modéré dans le cas de la Clamoux. Sur le Rieu Sec, le volume de bois flottant ayant été exporté du bassin versant est pourtant considéré comme négligeables parce que des peupliers noirs et platanes ont piéger massivement les grandes quantités de bois flottant transportées. Sur la Clamoux, un tel piégeage naturel au droit d’un méandre de Villegly avait été identifié par le SMMAR, syndicat gestionnaire du cours d’eau : l’entretien de la ripisylve y est d’ailleurs pratiquée dans l’optique de favoriser ce processus naturel. Ce retour d’expérience se propose de décrire succinctement les deux sites, leur caractéristiques et leurs effets sur le transport de bois flottant avec à l’idée de pouvoir s’en inspirer et reproduire ces tendances ailleurs. Cette régulation naturelle du bois flottant par la ripisylve est ainsi complémentaires des solutions de génie civil et peut être encouragée par une gestion adéquate de la ripisylve.
17:10
Présence du castor et restauration hydromorphologique des cours d’eau en France : état des lieux et retours d’expérience
AUTEURS
Vivier Anne, Tales Evelyne, Brigode Pierre, Hurel Paul, Meslin Alix, Bressan Yoann
France
Résumé : L’expansion de l’aire de distribution du castor (Castor fiber) en France et l’augmentation du nombre d’opérations de restauration de l’hydromorphologie sur les cours d’eau entrainent des interactions de plus en plus fréquentes qui devraient se multiplier à l’avenir. Afin de mieux comprendre ce phénomène, une enquête à destination des gestionnaires de milieux aquatiques a permis d’identifier des sites de restauration concernés et de collecter des informations sur les projets de restauration, la présence du castor avant, pendant et/ou après les travaux et les conséquences de cette présence pour les gestionnaires et les milieux. Réalisée dans le cadre du programme DAM-IT et s’appuyant sur le Réseau de sites de démonstration pour la restauration hydromorphologique des cours d’eau, cette enquête a permis de mettre en évidence la grande diversité des interactions entre le castor et la restauration. La majorité des répondants est intéressée pour participer à une étude plus poussée sur les effets des barrages de castors sur la restauration des cours d’eau dans le cadre de DAM-IT.
17:30
Comment peut-on gérer le risque d’inondation lié à la présence du bois en rivière ? Quelques perspectives ligériennes en contexte intersectoriel
AUTEURS
HORTOBAGYI Borbala, MELUN Gabriel, BRAUD Stéphane, LE ROUX Guillaume, PETIT Stéphane, PITON Guillaume, WEROCHOWSKI Antoine, RUIZ-VILLANUEVA Virginia, ENNOUINI Wafae, PERSI Elisabetta, ROSSIGNOL Benoît, PIÉGAY Hervé
France
Résumé : Le bois flottant, issu des berges et des versants montagneux, joue un rôle écologique important en diversifiant les habitats aquatiques et en enrichissant les écosystèmes fluviaux et terrestres. Cependant, il présente des risques lorsqu’il forme des embâcles, augmentant les risques d’inondation et menaçant les infrastructures, notamment les ponts. Ces phénomènes vont probablement être exacerbés par les crues extrêmes et le dépérissement forestier lié au changement climatique. Pour gérer ces risques, il est crucial de mieux comprendre le budget ligneux, intégrant les flux, les sources, le stockage et le transport du bois. Des outils récents, comme les caméras, le suivi RFID et la modélisation statistique et hydraulique, permettent de quantifier ces processus et d’évaluer les risques d’obstruction. Des solutions comme les pièges à embâcles et une gestion de la végétation visant à maximiser son effet de piégeage du bois flottant sont testées avec succès pour protéger les infrastructures sensibles. Sur le bassin de la Loire, des expérimentations combinant recherches scientifiques et gestion opérationnelle visent à intégrer ces connaissances pour développer des stratégies conciliant sécurité et préservation écologique, tout en s’adaptant aux enjeux climatiques et hydrologiques futurs.