Mercredi 2 juillet – 14:00
14:00
La réhabilitation de grands écosystèmes fluviaux à travers des institutions collaboratives. Une chimère ?
AUTEURS
LEWIS Nathalie, DUMARCHER Amélie, RUIZ Julie
Canada
Résumé : Entre les villes de Trois-Rivières et Montréal, au Québec (Canada), le fleuve Saint-Laurent s’élargit jusqu’à créer un « lac ». Le lac Saint-Pierre est un immense écosystème fluvial (50 000 ha), qui, par sa localisation et les multiples usages de son territoire, se retrouve aujourd’hui dans un état alarmant. Le projet présenté vise à contribuer à l’éventuelle mise en place d’une gestion durable du littoral du lac Saint-Pierre. Pour ce faire, nous avons commencé par analyser la mise en place de larges initiatives concertées de réhabilitation d’écosystèmes, impliquant de multiples acteurs hétérogènes. Il s’agissait de mieux comprendre les contextes initiaux de ces projets, les processus et les forces motrices qui influencent leur mise en place. Pour y parvenir, nous avons analysé dix cas de réhabilitation concertée de grands écosystèmes, en Amérique du Nord et en Europe afin de rester dans des contextes de gestion relativement comparables à celui du Québec. Cette première étape a abouti sur une riche modélisation qui nous a permis de définir une grille d’analyse et une approche solide pour aborder le cas du lac Saint-Pierre. Nous avons ensuite rencontré des acteurs clés du lac Saint-Pierre, afin de discuter de ces résultats et de les confronter à leur réalité sur le terrain. Au-delà des conclusions et enseignements individuels de ces multiples cas, nous nous intéressons à une façon globale d’aborder la gestion-collaboration de ces écosystèmes aux acteurs hétérogènes et nombreux, afin d’en tirer des enseignements pour la gestion du littoral de lac Saint-Pierre.
14:20
D’une restauration écologique à un « projet de territoire » : regard des sciences sociales sur les démarches d’association d’acteurs dans les projets de restauration écologique du Rhône
AUTEURS
PICARD Elsa, COTTET Marylise, BARTHÉLÉMY Carole, MORANDI Bertrand, COSTAZ Isabelle
France
Résumé : Depuis leur émergence dans les années 1990, les projets de restauration écologique du Rhône réunissent une multiplicité d’acteurs au sein de leur gouvernance. Plus récemment, ces espaces de collaboration institutionnelle s’ouvrent à de nouveaux acteurs (habitants, usagers, associations), au fur et à mesure de l’évolution du périmètre des projets techniques. Cette communication explore les pratiques de restauration des cours d’eau sous un angle sociologique et géographique, en se focalisant sur l’association des acteurs dans la conception des projets. Elle mobilise une méthodologie mixte : des ateliers thématiques réunissant des praticiens et des parties prenantes pour analyser collectivement les enjeux et les effets de l’adoption de démarches d’association d’acteurs, et une campagne d’entretiens individuels visant à comprendre l’influence des trajectoires individuelles sur la mise en œuvre de ces démarches. Les premiers résultats montrent une diversité de postures relatives à l’association d’acteurs qui est justifiée selon trois motifs : l’obligation, les apprentissages collectifs ou les valeurs morales. Ces motivations apparaissent en partie liées aux trajectoires individuelles des acteurs de la restauration. Aussi, les démarches influencent profondément les objectifs des projets de restauration pour en faire des « projets de territoire ». Ces démarches, bien qu’hétérogènes en fonction des contextes territoriaux, traduisent la volonté croissante des porteurs de projets de parvenir à concilier enjeux écologiques et sociaux et contribuent à transformer les projets de restauration.
14:40
L’utilité sociale au service de la restauration écologique du Rhône : retour d’expérience et approche comparative sur 3 projets
AUTEURS
CHEMERY Jean baptiste, GUÉRIN Stéphane, LAFFONT Yoann, HENRY Claire, SALHI Nedjma, MOIROUD Christophe
France
Résumé : Cette communication est fondée sur un retour d’expérience, à partir d’une approche comparative de la mise en œuvre de trois projets de restauration de la dynamique fluviale du Rhône. Ces projets partagent une finalité environnementale, visant à la (re)création de milieux fluviaux diversifiés et témoins de cette dynamique ainsi qu’une approche hydromorphologique inspirant leur mise en œuvre technique. Concernant l’interaction avec les habitants des territoires concernés, qu’ils soient riverains ou usagers des sites objets de ces restaurations, ils ont également bénéficié de l’adoption d’une même approche d’ordre sociopolitique destinée à favoriser leur appropriation locale et renouvelant en cela les pratiques de concertation mise en œuvre antérieurement par leur maître d’ouvrage commun, la Compagnie Nationale du Rhône (CNR). Cette série d’invariants offre ainsi l’opportunité de se pencher sur différents facteurs plus ou moins favorables à ce processus d’accommodation de ces projets aux regards et aux usages des populations concernées.
Avant de tirer quelques enseignements d’une lecture comparative de ces trois cas, cet article rappelle les ambitions et les grandes lignes de ces projets, avant de présenter la méthode d’interaction sociale mobilisée à cette occasion.
15:00
Activités d’engagement communautaire – un outil puissant dans la gestion des écosystèmes fluviaux
AUTEURS
GARIBOVIĆ Taida, POPOVIĆ DUJMOVIĆ Irma
Croatie
Résumé : En Croatie, la conservation de la nature est encore relativement simple. Les institutions publiques – les autorités des aires protégées – sont responsables de la gestion des aires protégées. L’implication des parties prenantes de la communauté dans le processus de gestion n’est toujours pas intégrée dans la conservation de la nature. Grâce à l’initiative « Unis pour les rivières », nous avons mis en œuvre diverses activités d’engagement communautaire avant et après la création d’aires protégées sur la rivière Mrežnica en Croatie. Grâce à des questionnaires en ligne, des entretiens téléphoniques, des groupes de discussion et des ateliers adaptés à des groupes d’intervenants spécifiques, nous avons d’une part recueilli des informations précieuses sur les personnes et leur lien avec la rivière et, d’autre part, nous avons réussi à susciter un sentiment de responsabilité commune concernant la protection de cet écosystème précieux. Nos parties prenantes sont prêtes à s’engager dans la gestion et la préservation d’une aire protégée. Ces activités, qui ne sont pas des événements ponctuels mais font partie d’un processus continu, ont été soigneusement conçues et mises en œuvre pour que la communauté reste activement impliquée dans la préservation de l’écosystème fluvial.
15:20
Participation communautaire à la restauration des rivières au Royaume-Uni – Étude de cas sur la rivière Lowther
AUTEURS
Varley Martin
Royaume Uni
Résumé : Trop souvent, la restauration des rivières est confiée aux communautés locales plutôt qu’à elles. Les consultations, si elles sont faites comme toutes, prennent des informations et des connaissances locales sans rien rendre en retour. Le pouvoir de décision est conservé par ceux qui sont les moins touchés par les conséquences de ces décisions et les connaissances locales sont ignorées au profit de l’opinion des experts. Les communautés locales sont perçues comme n’étant pas équipées pour contribuer à des prises de décision complexes. Les communautés sont privées de leurs droits vis-à-vis des agents du pouvoir, déconnectées de leur environnement et se sentent menacées par les changements inévitables qu’apporte l’avenir. En conséquence, au lieu d’être considérée comme un héros, la restauration des rivières et de la nature est devenue le méchant d’un drame qui se joue entre les défenseurs de l’environnement et les communautés locales, dont la biodiversité et la crise climatique sont les victimes. Cette étude de cas explore une approche alternative adoptée dans le cadre d’un projet de restauration de la rivière Lowther, dans le nord de l’Angleterre. Suite à une rupture des berges de la rivière en février 2024, une approche de recherche-action participative a été adoptée pour tenter d’impliquer la communauté locale dans le processus de restauration. Sur une période de 6 mois, la communauté a été invitée à participer activement à la planification du processus de restauration, en les incluant dans le processus de prise de décision afin d’améliorer les résultats pour la communauté, la nature et le climat.