Session A6 – Dynamique des contaminants


08:30

AUTEURS

MOURIER Brice, DHIVERT Elie, MARCHAND Philippe

France

Résumé : Cette étude porte sur les tendances des substances per-et polyfluoroalkylés (PFAS) enregistrées dans les sédiments du Rhône et de la Saône en amont et en aval de la métropole lyonnaise. Pour ce faire, 3 carottes sédimentaires prélevées en 2021 et 2022 ont été analysées, complétant ainsi une stratégie d’échantillonnage initiée en 2012. Les niveaux de contamination dans le Rhône en amont de Lyon sont relativement faibles en comparaison des autres enregistrements. En revanche, les deux autres archives sédimentaires permettent d’identifier des phases successives de contamination depuis les années 1960. Ces phases de contamination coïncident, en termes de temporalité et de composition, avec le cortège de PFAS associé à des activités industrielles spécifiques dans le bassin de la Saône et plus particulièrement au sud de la métropole lyonnaise. La signature de ces sources a été préservée dans les sédiments permettant de caractériser leurs emprises spatiales et temporelles. Cette étude contribue à mieux comprendre l’historique des contaminations en PFAS dans le corridor Saône-Rhône, dans un contexte où les besoins de connaissance sont croissants en raison des enjeux sanitaires, de la médiatisation de cette pollution et des nombreuses mobilisations émergentes.


08:50

AUTEURS

CHIFFRE Axelle, DEGIORGI François, CLAVEAU Maeva, MASSON Matthieu, MARGOUM Christelle, AMIOTTE-SUCHET Philippe, DABRIN Aymeric

France

Résumé : Les données issues des réseaux de surveillance de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse (AERMC) ainsi que d’études ponctuelles jalonnant la Saône classent ce cours d’eau « en mauvais état » à cause de multiples contaminations. Face à ce constat, le projet CONTASAONE vise à mettre en œuvre un réseau d’échantillonnage intégratif d’eau et de matières en suspension (MES) à l’échelle de la Saône et de ses principaux affluents. La première phase du projet a consisté à faire le bilan des données existantes (suivi réglementaire accessible sous Naïades) de manière à identifier des sites d’intérêts pour mettre en place un réseau d’échantillonnage intégratif des contaminants. Ainsi, 1,11 millions de données ont été extraites et analysées, couvrant 1529 substances recherchées sur 37 stations. Les résultats ont mis en évidence des lacunes dans la caractérisation des dynamiques et des niveaux de contamination liées au caractère ponctuel de l’échantillonnage et à l’insuffisance de prise en compte de la phase particulaire. Toutefois, cette approche met en évidence une contamination marquée par les éléments traces métalliques (ETM) et par les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dans la Thalie et l’Azergues principalement liée à des rejets urbains et industriels tandis que l’Ouche, l’Ognon et la Dheune présentent des teneurs en pesticides majoritairement liées à des activités agricoles. Cette étude a permis d’orienter le choix des stations à équiper et confirme l’intérêt d’un réseau intégratif pour évaluer quantitativement les flux de contaminants et mieux en circonscrire l’origine.


09:10

AUTEURS

ECORSE Augustine, DHIVERT Elie, DENDIEVEL André-Marie, COYNEL Alexandra, PEUBLE Steve, PARAN Frédéric, WINIARSKI Thierry, MOURIER Brice, BEDELL Jean-Philippe

France

Résumé : Pour comprendre l’évolution des flux de contaminants métalliques dans la Saône vers Lyon au cours du temps, deux carottes sédimentaires ont été étudiées. Elles témoignent de périodes d’enregistrement couvrant plus de 80 ans avec une sédimentation relativement continue et homogène. Les modèles d’âge ont été établis à partir des profils en radionucléides (137Cs et 210Pb), permettant de définir des taux de sédimentation (1 à 2 cm.an-1) et d’étudier les tendances des contaminants à haute résolution temporelle. Ces analyses révèlent des phases de contamination distinctes en lien avec l’histoire industrielle du bassin. D’après la chronologie couverte par ces archives sédimentaires, des contaminations en cuivre, plomb et cadmium sont identifiées dès les années 1950, avec des maximas jusque dans les années 1970. Plus tardivement, alors que les niveaux de contamination des précédents métaux amorcent une amélioration, l’argent atteint des concentrations maximales, en deux temps, d’abord entre les années 1970-1980, puis dans les années 1990. Dans le contexte industriel du bassin, cette contamination en argent peut être reliée aux industries de la photographie. Ces résultats montrent que les bras secondaires de la Saône peuvent être affectés par des contaminations multi-métalliques accumulées depuis les années 1950. Ils jouent ainsi un rôle d’archives des pollutions, permettant de reconstituer les impacts des activités anthropiques sur les écosystèmes fluviaux. De surcroît, ce stock de contaminants métalliques nécessite une gestion intégrée dans le cadre de la restauration des bras secondaires.