Mercredi 2 juillet – 16:30
16:30
Tendances décennales des assemblages de poissons indigènes et non indigènes dans une grande rivière inondable du nord-ouest du Pacifique, États-Unis
AUTEURS
GREGORY Stan, PENALUNA Brooke, GIANNICO Guillermo, BOYER Kathryn
États-Unis
Résumé : Des déclins et des pertes majeurs de biodiversité se produisent à l’échelle mondiale, et les données sur les assemblages de poissons indigènes et non indigènes dans les eaux douces, en particulier les grands fleuves, sont limitées. Nous avons évalué l’assemblage complet de 41 poissons sur 240 km de la rivière Willamette, une rivière de 11ème ordre dans l’Oregon, aux États-Unis, en utilisant des méthodes normalisées de pêche électrique en bateau et sac à dos sur deux décennies. L’abondance et la richesse des espèces de poissons indigènes ont diminué longitudinalement en aval, et l’abondance et la richesse des poissons non indigènes ont augmenté en aval. L’abondance des poissons non indigènes était significativement plus élevée au cours de la période 2021-2023 par rapport à la décennie précédente, et l’augmentation était plus importante dans les tronçons en aval de la rivière. L’abondance des poissons indigènes était significativement plus faible au cours de la période 2021-2023, mais les différences étaient faibles. Les distributions de certaines espèces se sont étendues ou contractées. Des efforts de restauration accélérés dans la rivière Willamette et les rivières du monde entier sont essentiels pour protéger et rétablir leurs assemblages de poissons indigènes. De nombreux programmes de restauration visent à corriger les problèmes causés par l’utilisation passée des terres et la dégradation de l’environnement. Notre succès dans la restauration des rivières et le rétablissement des populations de poissons indigènes pourrait être limité si nous ne comprenons pas les processus en cours et ne parvenons pas à anticiper l’avenir des rivières.
16:50
Investiguer les effets à long terme de la construction d’un barrage et de la restauration sur la biodiversité dans des chenaux secondaires à partir des macro-restes issus de carottes de sédiments fluviatiles
AUTEURS
DENDIEVEL André-Marie, RIQUIER Jérémie, MOURIER Brice, WINIARSKI Thierry
France
Résumé : Cette recherche vise à reconstruire les changements de biodiversité à long terme (post-1950) dans des chenaux secondaires en analysant les macro-restes (végétaux, animaux ou abiotiques < 5 mm) accumulés dans les sédiments fluviatiles. Cette approche s’appuie sur des carottes fluviales datées à l’aide de radionucléides le long du Rhône. Les macro-restes, notamment les taxons forestiers et aquatiques, permettent de reconstruire l’histoire des habitats et de la biodiversité depuis 1950, avec trois phases hydro-écologiques majeures, en lien avec l’aménagement et la gestion du fleuve. Une première phase, avant la construction du barrage, montre une ripisylve diversifiée, indiquée par la présence d’écailles d’aulne noir, de graines d’arbousier et de fragments de bois. La seconde phase, dans les années 1980-1990, voit une transition vers des écosystèmes terrestres suite à la mise en dérivation du tronçon étudié, et l’expansion de plantes nitrophiles. Puis, après 2000, les macro-restes révèlent l’établissement de nouvelles plantes aquatiques et de zones humides, faisant suite aux actions de restauration. L’étude de ces bioindicateurs offre un complément important par rapport aux données sédimentologiques et aux inventaires floristiques ponctuels pour analyser l’évolution des habitats ripariens suite aux aménagements du fleuve et aux actions de restauration. Cette approche peut aider à définir des conditions de référence et peut être un outil améliorant le suivi des zones humides alluviales, avec une vision rétrospective.
17:10
Quand le Rhône change, le Spirlin s’adapte : variations saisonnières des performances métaboliques et natatoires de cette espèce de poisson peu étudiée
AUTEURS
WATSON Julia, SOUQUES Chloé, MORALES Anne, ZOPPI Océane, FABRA Maé, ROUSSEL Damien, CLAIR BOISSON Angeline, AVERTY Laëtitia, BASTIANINI Candice, CAPRA Hervé, LEBRUN Camille, LEGOFF Guillaume, MAIRE Anthony, DAUFRESNE Martin, TEULIER Loïc
France
Résumé : Les ectothermes, dont la température corporelle dépend de leur environnement, sont particulièrement sensibles au changement climatique. La température est un facteur abiotique qui varie fortement dans l’espace et dans le temps et affecte divers paramètres physiologiques des ectothermes, notamment leur métabolisme. Notre but était de voir l’influence de la fluctuation saisonnière des températures sur le métabolisme et la performance de nage du spirlin Alburnoides bipunctatus, un poisson connu comme un sténotherme froid mais que l’on retrouve en nombre dans des conditions échauffées en aval de centrales nucléaires. Les fluctuations saisonnières engendrent des changements dans les conditions hydro-climatiques, qui sont de plus en plus variables et chaudes en lien avec le dérèglement climatique, et cela questionne sur la capacité des ectothermes à endurer ces changements et à s’adapter. Dans cette étude, nous avons pêché des spirlins en aval de la centrale nucléaire du Bugey sur le Rhône en février et en mai 2024, avant de les stabuler pendant un mois à leur température de pêche. Nous avons ensuite fait (i) des mesures de taux métabolique via le proxy de la consommation d’oxygène et (ii) une évaluation de la performance de nage dans un tunnel de nage à leur température d’acclimatation. Nos résultats montrent que le taux métabolique standard, le taux métabolique maximal et la performance de nage sont plus élevés chez les individus du printemps par rapport à ceux de l’hiver. Ces résultats témoignent d’une accélération des processus métaboliques dû à un effet thermodynamique de la température, ce qui leur octroie plus d’énergie disponible pour la croissance et la production de gamètes.
17:30
Hétérogénéité spatiale et traits de vie associés aux déclins piscicoles en France
AUTEURS
SANTOS Raphael, POULET Nicolas, BESNARD Aurelien
France
Résumé : La compréhension des dynamiques démographiques des espèces aquatiques et la compréhension des variations interspécifiques en fonction des traits écologiques et démographiques est crucial pour définir leur statut de conservation et élaborer des mesures de protection appropriées. Les taux de croissance en abondance et de biomasse pour 18 espèces de poissons d’eau douce communes en France ont été estimés à l’aide de données de pêches électriques issues des programmes de biosurveillance depuis 1990. L’hétérogénéité spatiale des tendances temporelles d’abondance et de biomasse à travers les différents bassins hydrographiques français a été évaluée pour les 18 espèces, ainsi que les corrélations avec les traits démographiques des espèces. Onze des 18 espèces étudiées ont montré une baisse significative de l’abondance et 14 ont décliné en termes de biomasse ; sept sont restées stables ou ont connu une croissance positive de l’abondance. Les principaux déclins ont été observés dans les bassins Adour-Garonne et Loire-Bretagne, où des mesures de gestion et de conservation sont nécessaires urgemment pour stopper l’érosion des populations piscicoles. Dans chacun des 5 bassins hydrographiques, nos résultats mettent en évidence des zones où la plupart des espèces communes étudiées ont montré des déclins significatifs. Parmi les traits démographiques et écologiques examinés, la stratégie de vie et la longueur maximale étaient significativement corrélées aux taux de croissance démographique des espèces, révélant que la baisse concernait principalement les espèces de grande taille à faible renouvellement des générations.