Session C2 – La place des perceptions et des connaissances dans la gestion des inondations


16:30

AUTEURS

SERRA-LLOBET Anna, WANG Hsiao-Wen, VANDERLINDEN Jean-Paul

Etats-Unis

Résumé : L’exposition physique aux risques d’inondation a considérablement augmenté au cours de la seconde moitié du 20e siècle, principalement en raison de l’occupation de terres inondables qui augmente l’exposition des populations humaines aux inondations dévastatrices. Les personnes qui vivent derrière des digues de protection sont considérées comme « hors de la zone d’inondation officielle  » et peuvent penser qu’elles sont à l’abri des inondations, même si elles sont toujours exposées au risque en cas d’événements extrêmes. Des inondations à faible probabilité et à fortes conséquences peuvent anéantir de nombreuses années de progrès vers les objectifs de développement durable (SDG). À travers des entretiens avec des parties prenantes, des ateliers avec des experts et l’analyse d’études de cas spécifiques dans cinq pays, le projet RREFlood rassemble des experts de différentes universités et disciplines pour faciliter les progrès des connaissances et des outils à l’appui de la gestion des risques d’inondation résiduelle centrée sur les SDG. Les résultats préliminaires montrent que l’un des principaux défis pour évaluer et cartographier le risque d’inondation résiduel est lié à la manière d’inclure l’influence du changement climatique dans les modèles utilisés pour définir la zone d’aléa potentiel. Concernant les approches de gestion des risques résiduels, nous avons vu que la mise en œuvre effective de politiques ayant des objectifs similaires (par exemple, réduire l’exposition en zone à haut risque avec des outils d’aménagement du territoire) est très différente dans les cinq pays analyses, en raison des attitudes culturelles. De nombreux pays explorent désormais des solutions fondées sur la nature pour s’adapter au climat afin de réduire les débits de pointe et d’augmenter les bénéfices écologiques, des efforts qui n’avaient pas été documentés auparavant dans le contexte du risque résiduel.


16:50

AUTEURS

SCAINI Chiara, SCAINI Anna

Italie

Résumé : Le risque dépend de la fréquence et de l’ampleur des aléas liés aux rivières, mais également de l’exposition, par exemple, le nombre, le type et la valeur économique des biens exposés. La planification de l’utilisation des terres peut augmenter ou diminuer l’exposition de la société aux risques liés aux rivières, tels que les inondations. Dans cette contribution, nous rassemblons des expériences visant à comprendre et à cartographier la perception des risques liés aux rivières, à la fois provenant des rivières et à destination de celles-ci, ainsi que les valeurs socio-culturelles riveraines associées aux rivières, telles que l’identité et le sentiment d’appartenance. Ici, nous examinons comment la perception de ces valeurs peut influencer la gestion des ressources en eau et les prises de décision en utilisant des questionnaires, des entretiens, une approche participative basée sur des cartes, ainsi que des données factuelles sur l’utilisation des terres et de l’eau, la biodiversité et les risques. Nous présentons les résultats de cette approche combinée dans le cas de la rivière Tagliamento (Italie), connue comme la dernière rivière alpine à écoulement libre. Nous explorons les synergies entre la conservation des rivières et la planification de l’utilisation des terres basée sur les écosystèmes à travers l’analyse des événements passés et des interventions humaines subséquentes sur la rivière (telles que la construction de digues et les infrastructures proposées). Nous discutons des limites des interventions sur les rivières dans le contexte de la réduction des risques multi-aléas et fournissons une liste d’aspects à prendre en compte pour la gestion du bassin versant et pour promouvoir la résilience des communautés et des écosystèmes. Enfin, nous mettons en lumière les bénéfices potentiels de l’intégration des connaissances locales et des preuves historiques dans des scénarios narratifs afin de démontrer des voies d’adaptation possibles pour les communautés riveraines.


17:10

AUTEURS

GENOUEL Maïlys, COMBY Emeline, LE LAY Yves-François

France

Résumé : Les inondations perturbent le métabolisme urbain et génèrent des pollutions, envisagées ici comme des matières qui ne sont pas à leur place (Douglas, 1966). Nous nous sommes intéressés à la façon dont les sinistrés, en contexte urbain, « vivent avec » ces pollutions (Benitez, 2018) pendant et après les inondations. Une campagne d’entretiens semi-directifs en porte à porte a été réalisée dans quatre quartiers ayant expérimenté des inondations par débordement, en France et au Québec. Les entretiens ont été analysés selon une méthode mixte, entre approches qualitative et quantitative. Dans un premier temps, notre recherche détaille les mécanismes qui expliquent pourquoi les sinistrés ne considèrent pas vraiment les pollutions causées par les inondations comme un problème social. Dans un deuxième temps, nous montrons que ces pollutions hantent pourtant les corps et les émotions des sinistrés. Enfin, malgré l’existence de connaissances engrangées par les sinistrés à l’égard de ces matières, nous démontrons que le défaut de préoccupation sociale conduit à faire de ces réalités toxiques des épreuves confinées, dans un contexte où une résilience de plus en plus individualisante et apolitique est encouragée, ce qui produit de nombreuses injustices.


17:30

AUTEURS

MARTINEU Zoé, BUFFIN-BÉLANGER Thomas, TRUDEL Mélanie, RUIZ Julie

Canada

Résumé : Les embâcles de glaces constituent des phénomènes récurrents dans plusieurs rivières nordiques, dont celles du Québec (Canada). Les augmentations rapides et de fortes magnitudes du niveau d’eau qu’ils peuvent entraîner ont des impacts économiques et sociaux majeurs sur les communautés riveraines. À ce jour, leur prévention et leur mitigation demeurent difficiles, en raison de leur imprévisibilité et les limites des approches académiques les plus couramment utilisées. Pour enrichir et bonifier les connaissances générées par ces approches, l’intégration des connaissances sera utilisée comme cadre conceptuel. Ainsi, des connaissances académiques, de gestionnaires et de personnes riveraines seront mobilisées afin de cartographier les zones inondables en lien avec les embâcles de glace sur la rivière Mitis (Québec, Canada). L’intégration permettra de s’attarder à la diminution ou l’augmentation des incertitudes dans la cartographie de ces inondations, en fonction de la convergence et de la densité des connaissances. Devant la complexité de l’étude des embâcles de glace, l’intérêt de l’approche est de proposer un outil de gestion (cartographie) qui intègre différentes connaissances (riveraines, gestionnaires et académiques), mais aussi différentes méthodes pour avoir une vision plus complète du phénomène.


17:50

AUTEURS

Charpentier Isabelle

France

Résumé : Même lorsque les populations connaissent leur exposition aux risques, la gestion des inondations et les systèmes d’information restent encore mal identifiés. Différents documents réglementaires rendent compte des zones à risques identifiées par observation et simulation numérique, ainsi que des mesures de prévention, de protection et de sauvegarde. Mais la situation de risque reste difficile à appréhender concrètement. Par ailleurs, face au dérèglement climatique, l’incertitude constitue plus que jamais un défi en matière de modélisation et de gestion. Dans ce contexte, l’amélioration des dispositifs de représentation et de sensibilisation au risque représente un réel défi.

Pour intégrer ces deux aspects, nous avons utilisé un moteur de jeu vidéo avec des données de terrain et de débit pour concevoir le simulateur temps-réel ReFlood. Le but est d’offrir un rendu réaliste en 3D de l’inondation, utilisable en atelier pour concevoir et mettre en débat des scénarios d’inondation et d’urbanisation. Si les résultats d’un simulateur qui privilégie la rapidité ne sont pas aussi précis que ceux d’une simulation numérique, l’incertitude de modélisation peut être évaluée et expliquée, confortant la confiance dans les résultats de ReFlood et sa capacité à servir d’objet intermédiaire aux échanges entre protagonistes.

La conférence I.S. RIVERS 2025 est choisie pour présenter le simulateur à une audience de scientifiques et d’acteurs du territoire afin de recueillir leurs réactions sur les résultats, le simulateur et l’incertitude, mais aussi sur les usages potentiels en matière de représentation du risque inondation, de médiation et de sensibilisation.