Mardi 1er juillet – 16h30
16:30
Visualiser l’évolution passée et future de l’hydrologie en France : les portails MAKAHO et MEANDRE
AUTEURS
HÉRAUT Louis, VIDAL Jean-Philippe, BARD Antoine, GIUNTOLI Ignazio, LANG Michel, RENARD Benjamin, SAUQUET Eric
France
Résumé : Le changement climatique a considérablement affecté l’hydrologie de la France au cours des dernières décennies, et les projections futures confirment la poursuite de ces tendances au cours du 21e siècle. Pour relever ces défis, deux portails interactifs, MAKAHO et MEANDRE, ont été développés pour visualiser les changements hydrologiques passés et futurs en France continentale et en Corse. MAKAHO fournit une plateforme conviviale pour analyser les tendances des données de débit de plus de 230 stations hydrométriques faiblement influencées, en utilisant des tests statistiques non paramétriques pour évaluer les changements dans les caractéristiques des débits au cours des dernières décennies. MEANDRE offre quant à lui un accès guidé aux projections hydrologiques du projet Explore2, qui intègrent différents scénarios d’émissions, modèles climatiques régionaux, méthodes de correction de biais, et modèles hydrologiques. Il synthétise ainsi un ensemble complexe de données pour présenter des informations clés sur les débits futurs des cours d’eau et les niveaux de nappe, en soulignant les changements dans les débits moyens, d’étiage et de crue, ainsi que les incertitudes associées. Ensemble, ces outils servent de systèmes d’aide à la décision pour l’adaptation au climat, en fournissant aux chercheurs, aux décideurs politiques et aux acteurs locaux des informations accessibles mais scientifiquement solides. En faisant le lien entre la recherche et la pratique, ils favorisent une meilleure compréhension des changements hydrologiques et soutiennent une planification régionale éclairée en réponse au changement climatique.
16:50
S’adapter au changement climatique sur le bassin versant de la Cèze
AUTEURS
BRENTEGANI Hugues
France
Résumé : Déjà actuellement, le bassin de la Cèze est en déficit d’eau. 1,29 millions de m3 manque en moyenne chaque année pour satisfaire les besoins en eau des usagers et ceux de la faune et de la flore aquatique. Le bassin connait régulièrement des sécheresses longues et régulières.
Les impacts du réchauffement climatique aggravent cette situation. La température a déjà augmenté de 1,7°C dans le Gard entre 1958 et 2018. Et l’étude Eau et Climat 3.0, menée par le département du Gard, prévoit une augmentation des températures de 4°C d’ici 2100 si nous ne limitons pas nos émissions de gaz à effet de serre.
Dans ce contexte, le Syndicat ABCèze a mis en œuvre en 2023-2024 une démarche sur l’adaptation des usages de l’eau au changement climatique.
Cette démarche avait pour objectifs de :
- Mettre en place une large concertation avec tous les usagers de l’eau sur le sujet de l’adaptation au changement climatique,
- Sensibiliser les habitants et les touristes aux conséquences du changement climatique sur notre territoire et à la nécessité d’économiser l’eau,
- Permettre aux habitants d’acquérir du matériel hydro-économe et des récupérateurs d’eau à prix réduit et de s’exprimer sur leur usage de l’eau.
Cette démarche intitulée « Préserver l’eau on s’y met tous », a permis de présenter le diagnostic sur les évolutions climatiques dans le Gard (base de l’étude Eau et Climat du CD 30).
Dans une seconde phase, elle a permis de projeter les activités des usagers utilisateurs d’eau dans ce contexte. Et in fine, d’aboutir a des propositions d’actions par les usagers. Ces actions ont concerné : le stockage, la rétention, l’infiltration de l’eau / la poursuite des économies d’eau / la sensibilisation de la population / les pratiques culturales.
17:10
Caractérisation du régime hydrologique du fleuve Gambie et sa variabilité dans un contexte de changement climatique en Afrique de l’ouest.
AUTEURS
Ndione Mamadou, Fall Awa Niang, Faty Abdoulaye
Sénégal
Résumé : Le comportement hydrologique des fleuves en Afrique de l’ouest est étroitement tributaire des précipitations qui connaissent d’importantes fluctuations ces dernières décennies. L’objectif de travail est caractériser le régime hydrologique et sa variabilité dans le bassin du fleuve Gambie. Pour cela, nous avons retenu 16 stations pluviométriques représentatives et trois stations hydrométriques principales. Plusieurs méthodes de traitement statistiques ont été appliquées : tests de ruptures de série, les écarts à la moyenne (données pluviométriques) et les indices standardisés de débits, les coefficients mensuels de débits, moyennes mensuelles d’avant et après rupture (données hydrométriques). Il résulte de l’exploitation de ces données que le régime hydrologique de la Gambie connait une grande variabilité, allant du régime tropical pur au régime tropical de transition. Trois tendances se distinguent nettement une première phase humide allant de 1959 à 1967 présentant une hydraulicité excédentaire ; une deuxième et longue phase allant de cette fin des années 60 à la fin des années 90 ou au début des années pour les stations du domaine sud soudanien. Cette phase est marquée par une chute drastique des débits fluviaux d’au moins 50% dans les stations hydrométriques de l’étude, consécutivement à cette sécheresse prolongée. Depuis les années 2000, une dernière tendance caractérisant une relative reprise des précipitations reste encore timide pour reconsidérer les débits à leur situation d’avant 60.
17:30
Les défis de l’intégration des événements extrêmes et du climat futur dans la cartographie des zones de mobilité des rivières
AUTEURS
Maltais Maxime, Buffin-Bélanger Thomas, Biron Pascale
Canada
Résumé : La cartographie de la mobilité des cours d’eau présente trois défis majeurs, l’absence d’un consensus sur les méthodes, l’impact des événements extrêmes sur la mobilité et l’intégration des changements climatiques dans la cartographie. Trois méthodes de calcul et de projection des taux de migration historiques ont été appliquées sur un tronçon de cours d’eau afin de déterminer laquelle correspond le mieux à la réalité observée. Les taux de migrations sont calculés sur une période test de 1964 à 2010 et projetés sur 11 ans à des fins de comparaison avec le tracé fluvial de 2021. L’utilisation des polygones d’érosion surestime la mobilité du chenal, alors que le Planform Statistic Toolbox et le Digital Shoreline Analysis System (DSAS) sont sensibles à la mobilité causée par des événements extrêmes. En complément des taux de migrations historiques, des méthodes permettant l’identification des tronçons dont le morphodynamisme est sensible aux événements extrêmes et leur intégration dans la cartographie de la mobilité des cours d’eau sont développées. De plus, l’utilisation des taux de migration historique permet la cartographie des tronçons mobiles actuellement, mais inclut difficilement la notion des changements climatiques et de leur influence sur la dynamique fluviale. La puissance spécifique, évaluée en climat actuel et futur permet d’identifier les tronçons de cours d’eau dont les seuils auxquels sont associés la mobilité des cours d’eau sont dépassés. Plus de 50 tracés fluviaux sur des rivières du Québec permettent d’ailleurs d’identifier des seuils de puissance spécifiques aux différentes régions du Québec.