Mardi 1er juillet – 14:00
14:00
La résilience fluviale : ce qu’elle est et ce qu’elle n’est pas
AUTEURS
Thoms Martin, Fuller Ian
Australie
Résumé : La résilience est devenue un mot à la mode dans la science fluviale. Cette popularité a donné lieu à des interprétations et à des utilisations parfois incorrectes, qui nuisent à son rôle dans l’étude et la gestion des rivières en tant que systèmes naturels-humains complexes et couplés. La résilience des rivières est la capacité de ces systèmes couplés à faire face aux perturbations/facteurs de stress et à continuer de fonctionner à peu près de la même manière. La résilience est une mesure de la mesure dans laquelle une rivière peut changer avant de franchir un point de basculement vers un état alternatif, dans lequel elle a tendance à rester. La résilience n’est pas la capacité de rebondir. C’est la capacité d’absorber, de s’adapter et de se transformer, tout en faisant face aux perturbations – il s’agit de changer pour ne pas être changé. Cette présentation fournira des exemples illustrant les capacités d’absorption, d’adaptation et de transformation qui sont les éléments clés de la résilience des rivières, qui doivent être comprises si nous voulons restaurer la fonction de nos corridors fluviaux.
14:20
S’adapter au changement climatique sur une grande rivière en mutation : des théories scientifiques au diagnostic territorialisé dans le Val de Saône (France)
AUTEURS
Brosse Noé, Comby Émeline, Le Lay Yves-François,
France
Résumé : En 2022, des acteur·ices de la Saône se sont fédéré·es lors d’un événement « ça Saône », prenant acte d’une augmentation de la température de la Saône de 1,6 à 2°C depuis 1970 et des risques induits sur les activités humaines et les milieux naturels. Dans le cadre d’un programme scientifique financé par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, nous proposons un diagnostic des perceptions, des représentations et des actions face au changement climatique dans le Val de Saône. Nos objectifs sont i) d’identifier des indicateurs de perception du changement climatique pour les acteur·ices et riverain·es de la rivière ; ii) de comprendre la diversité des représentations et des risques associés au changement climatique ; et iii) de mieux cerner les actions entreprises dans ce contexte. Pour cela, nous avons conduit une enquête mixte : un questionnaire à destination des habitant·es (n=782) et des entretiens avec des acteur·ices du territoire (n=24). Nos résultats montrent que les changements perçus par les populations correspondent aux observations scientifiques. Ces perceptions n’aboutissent pas toujours à une prise de conscience du changement climatique. Les représentations sont davantage guidées par des contextes sociaux et spatiaux. Les actions envisagées sont orientées par les représentations du changement climatique, mais également par la connaissance du territoire et de ses enjeux.
14:40
Tendances conjointes dans les conditions thermiques et hydrologiques des rivières : Implications pour une gestion durable de la ressource en eau à l’échelle du bassin versant
AUTEURS
Seyedhashemi Hanieh, Drouineau Hilaire, Arevalo Elorri, Moatar Florentina, Hendrickx Frederic, Maire Anthony
France
Résumé : Le débit (Q) et la température de l’eau (Tw) des rivières sont des déterminants environnementaux clés des écosystèmes aquatiques, notamment de la migration des poissons. Le changement climatique a fortement modifié ces paramètres, avec une hausse de la Tw et des modifications spatialement et saisonnièrement hétérogènes de Q, ce qui pose des défis pour les écosystèmes et les usages humains. Cette étude examine l’ensemble du bassin-versant de la Loire en France sur environ 60 ans de données reconstruites de Q et Tw aux exutoires de 368 sous-bassins. La méthode « Choc » a permis d’identifier des changements significatifs de co-occurrence de Tw élevée et de faible Q, mettant en évidence des sous-régions particulièrement affectées par le changement climatique. Ces associations ont évolué de manière hétérogène à travers le bassin, devenant significativement plus fréquentes ces six dernières décennies, notamment dans le sud du bassin en hiver et en été. Ces tendances favorisent certaines espèces adaptées à ces conditions, tout en menaçant celles qui dépendent de conditions fluviales plus stables pour pouvoir réaliser leur migration et reproduction. L’augmentation de la fréquence de ces co-occurrences pourrait également compromettre la disponibilité en eau pour les activités humaines, telles que la production d’eau potable, l’irrigation et le refroidissement des centrales nucléaires. Ces résultats soulignent l’urgence d’adopter des stratégies d’adaptation locales pour pouvoir relever les défis écologiques et de disponibilité des ressources en eau liés au climat.
15:00
Evolutions technologiques et méthodologiques dans la caractérisation de la température par infrarouge thermique aéroporté
AUTEURS
Marteau Baptiste, Dugdale Stephen J., Caudron Arnaud, Piégay Hervé
France
Résumé : L’utilisation de l’IRT-a comme outil de diagnostic thermique des rivières fait l’objet d’un intérêt croissant, notamment pour évaluer la présence de refuges thermiques potentiels. Si certains aspects de la technologie évoluent et permettent un accès facilité à du matériel à bas coût, des limites subsistent sur l’utilisation des résultats pour répondre à certaines problématiques (ex. températures absolues). Après une description des dernières avancées, l’article présente les résultats issus de comparatifs à la fois technologiques (test d’un capteur drone) et méthodologiques (détection semi-automatique des taches froides). L’objectif principal de ce travail est de s’éloigner des méthodes jugées subjectives utilisées jusqu’ici, notamment la détection visuelle des refuges thermiques, puis leur classification suivant des typologies existantes. L’article se termine par une proposition de classification des taches d’eau froide plus simple et davantage basée sur leurs paramètres, qui reste comparable à la méthode visuelle utilisée jusqu’à présent, ouvrant alors la porte à des analyses à grande échelle de données provenant de périodes différentes, de rivières différentes voire même de pays différents.
15:20
Modélisation de l’impact du changement climatique sur les transferts de MES du Rhône
AUTEURS
Fressard Mathieu, Fabre Clément, Bizzi Simone, Branger Flora, Hervé Piegay
France
Résumé : Les projections climatiques du GIEC prévoient une hausse de 1.5 à 6°c des températures annuelles sur le bassin versant du Rhône associée à une exacerbation des contrastes saisonniers des précipitations. Ces changements affecteront durablement la dynamique du transport solide du fleuve et de ses affluents via l’ajustement des vitesses d’érosion des versants et la modification du régime hydrologique des cours d’eau. Afin d’anticiper ces changements, l’observatoire des sédiments du Rhône (OSR) a développé un modèle de transferts de MES à l’échelle de tout le bassin versant permettant d’intégrer des scénarios prospectifs du climat. Il apparait globalement que les transferts sédimentaires tendraient à se réduire de 5% à 20% à l’exutoire du Rhône suivant les modèles sélectionnés. L’ensemble des simulations convergent notamment vers une diminution de la fourniture sédimentaire des régions alpines, alors que la tendance reste plus incertaine pour le reste du bassin versant (Saône notamment).