Session C1 – Documenter les liens sociétés fleuves au cours du temps


14:00

AUTEURS

BARTHÉLÉMY Carole, ARMANI Gilles, CARREL Georges, PUIJALON Sara

France

Résumé : Lors de la concertation relative à la prolongation de la concession de la Compagnie Nationale du Rhône, qui a eu lieu en 2019, le projet de construction d’un barrage hydro-électrique a été annoncé. Appelé Rhônergia, ce barrage devait prendre place sur le périmètre de la commune iséroise de Saint-Romains-de-Jalionas. Ce barrage concernait un secteur du fleuve qui jusqu’alors ne fait pas l’objet d’un aménagement et reste, à ce titre, le dernier secteur vif et courant de l’ensemble du linéaire. Le projet que nous proposons de présenter a été élaboré lors de la période de concertation pour comprendre quels liens pouvaient unir les riverains au fleuve, dans cette partie peu étudiée jusqu’alors. Il s’agissait de répertorier des usages qui auraient pu disparaître ou se transformer avec l’aménagement du barrage. Une approche croisant deux disciplines scientifiques, l’ethnologie et l’écologie et une méthodologie complémentaire par la photographie a été élaborée pour : 1) recenser les différents usages du fleuve ;2) les situer par rapport aux sites fluviaux concernés et 3) en produire une trace sensible au travers de la photographie. Les résultats montrent des formes d’attachement au fleuve dans ce secteur, en lien avec diverses pratiques.


14:20

AUTEURS

BARRIOZ Anne, CHOWNEY Charlotte, CREMEL Laurence, DONZE Olivier, DUBOIS Alain, GUILLAUMONT Natacha

Suisse

Résumé : Cette communication propose de présenter le projet Saisons du Rhône, porté par l’équipe Paysage Projet Vivant (PPV) et accompagné par l’équipe Modélisation informatique du paysage de la Haute Ecole du Paysage, d’Ingénierie et d’Architecture de Genève (HEPIA – HES-SO). Ce projet en cours a pour objectif d’interroger les besoins et les aspirations des populations et acteurs.ices territoriaux.ales en lien avec le Rhône genevois, de questionner l’avenir de ce territoire, d’imaginer ses futurs possibles et de dessiner des espaces de vie de qualité pour l’ensemble du vivant. L’idée ici est de présenter les grands enjeux du projet : une approche sensible, une méthodologie multiple, une vision durable de l’habitabilité, une démarche collaborative, pédagogique et fédératrice. Pour témoigner des adaptations nécessaires des socio-hydrosystèmes face aux changements globaux, la création d’un Observatoire paysager du Rhône genevois intervient ainsi comme le point d’orgue des réflexions.


14:40

AUTEURS

THOMAS Megan, BRIERLEY Gary, TUNNICLIFFE Jon

Nouvelle-Zélande

Résumé : Les conditions géologiques et climatiques qui dictent le fonctionnement des systèmes évoluent. Pour suivre le rythme de ces taux et amplitudes de changement sans précédent, les modes de vie et d’interaction des gens avec les paysages doivent s’adapter. Nombreux sont ceux qui ont suggéré la nécessité de créer des liens émotionnels plus forts avec les paysages pour permettre la formation de relations symbiotiques et une compréhension plus nuancée. Les récits fluviaux sont un outil utile pour faciliter ces relations réciproques. Ainsi, cet article propose une approche pratique pour l’utilisation des données numériques des rivières comme cadre informatif permettant de tisser diverses formes de connaissances et de (re)raconter les récits des rivières. Nous nous appuyons sur une ontologie « au-delà de l’humain » pour représenter le bassin versant sur différentes échelles spatio-temporelles, en accord avec l’approche de la philosophie du processus suggérée par Whitehead (1978) et développée par Rhoads (2006). Cette analyse approfondie des processus et les comparaisons avec la rivière elle-même, plutôt que l’établissement de directives prescriptives et générales, permettent d’apprécier les complexités des paysages fluviaux, ancrées dans des contextes locaux et spécifiques.


15:00

AUTEURS

Velut Sebastien, Forget Marie

France

Résumé : Entre les Andes et les Caraïbes, le Rio Magdalena constitue l’axe historique de colonisation et de peuplement de la Colombie. Son bassin versant regroupe plus des deux tiers de la population, ce qui en fait un fleuve à forts enjeux pour le développement national. Mais il s’agit également d’un fleuve tropical transportant une charge sédimentaire considérable et dont le débit connaît de grandes variations accentuées par le changement global. Aujourd’hui l’aménagement du Rio Magdalena est fortement débattu avec deux options principales. D’une part, une approche interventionniste, vise à contrôler davantage son écoulement et à utiliser les eaux de ce fleuve tropical au service du développement économique rendu possible par les accords de paix de 2016. Cette approche inclut notamment la construction de barrages dans la partie amont du fleuve et la réalisation d’aménagements pour la navigation dans la partie aval, le tout au nom du développement durable. D’autre part, ces aménagements et les activités associées viennent perturber la relation entre les populations riveraines et le fleuve. Appuyées par les mouvements sociaux ces populations demandent la mise en œuvre de nouvelles approches de l’aménagement, prenant davantage en compte les socio-écosystèmes et les patrimoines. Nous abordons les perspectives et les obstacles pour la mise en place d’un nouveau paradigme d’aménagement.

Cette communication s’appuie sur des enquêtes de terrain menées auprès des acteurs du fleuve depuis 2021 et sur la constitution de bases de données géographiques rendant compte des évolutions paysagères.


15:20

AUTEURS

Dournel Sylvain,  Le Calvez Caroline

France

Résumé : En France, la chenalisation de cours d’eau et la construction de canaux de navigation renvoient au XVIIIe et XIXe siècles. Les premières réalisations remontent pourtant au XIIIe siècle, le transport fluvial assurant gains des temps et sécurisation des marchandises. Symboles de désenclavement de régions, de prouesses technologiques et de défis personnels, ces infrastructures représentent un réseau de 8 500 km mais qui recouvre une grande variété de situations. 40 % d’entre elles ont d’ailleurs perdu leur caractère navigable dans les années 1950 mais ne restent pas moins des matérialités structurantes et des héritages encombrants qui interrogent élus, ingénieurs et scientifiques. Comment ces canaux et cours d’eau chenalisés, amputés de leur vocation initiale, sont-ils aujourd’hui réappropriés et réinvestis ? À quelles difficultés font face les acteurs publics et privés qui s’emparent de ces matérialités marquées du sceau du gigantisme ? En se basent sur trois cas représentatifs de cette situation, la branche ouest du canal de Berry, le canal d’Orléans et la portion finistérienne du Canal de Nantes à Brest, la présente contribution interroge les changements de paradigme qui sont à l’œuvre sur les plans environnemental et socio-économique. Il s’agit de mettre en avant l’idée d’une quête de sens sans cesse renouvelée pour pallier les difficultés historiques et les incertitudes contemporaines qui n’empêchent pas une attention récente de l’action publique, voyant dans ces infrastructures héritées un atout pour répondre aux enjeux contemporains du développement local, de la préservation de la biodiversité et de l’adaptation au changement climatique.