Session B1 – La restauration des fleuves : stratégies, design et participation


14:00

AUTEURS

POTET Baptiste, GUERRI Olivier, MOINOT Frédéric, HUGHE Ghislain, DEBIAIS Nicolas

France

Résumé : L’évolution physique du lit de la rivière Dordogne résulte de plusieurs facteurs anthropiques : l’avènement des grands barrages à partir des années 1930, les extractions en lit mineur jusqu’en 1984 et l’aménagement du lit entre 1970 et 2000. Ces interventions ont provoqué une perte de dynamique fluviale, une incision du lit de la rivière et une simplification des formes fluviales, réduisant ainsi la diversité des milieux biologiques. Pour restaurer l’écosystème, le programme LIFE-Nature rivière Dordogne (2020-2026) propose 30 chantiers de restauration morpho-écologiques sur 280 km de rivière. Les actions comprennent la suppression de stabilisations de berges, la reconnexion d’annexes alluviales, la réinjection de sédiments pour favoriser la reproduction de poissons migrateurs et des acquisitions foncières pour préserver les habitats naturels. Le projet s’appuie sur l’expertise de BIOTEC pour reconquérir des milieux alluviaux par une régénération naturelle des communautés végétales. Ces opérations se concentrent sur des sites spécifiques avec un fort potentiel de restauration, comme la Couasne de Gaule (7 ha) et la terrasse de Maison-Neuve (22 ha), deux anciennes gravières où les travaux d’extraction ont provoqué une homogénéisation des formes et une banalisation des végétations. Les interventions cherchent à reconnecter la rivière à ses marges et annexes pour redynamiser l’espace alluvial. Ainsi, le programme LIFE vise à retrouver un équilibre écologique en prenant en compte la dynamique des crues et la régénération naturelle des habitats.


14:20

AUTEURS

GRAMAGLIA Christelle, ALP Maria, MAURINES Béatrice, MORARDET Sylvie, NAVRATIL Oldrich, GHESQUIÈRE Anaelle

France

Résumé : Les projets de restauration des cours d’eau soulèvent souvent des controverses. Dans certains cas, cela peut même empêcher leur mise en œuvre. Notre hypothèse était que l’ouverture d’un espace de discussion très tôt dans le processus d’élaboration pouvait permettre d’utiliser ces moments de controverse, inévitables, comme des moments d’exploration collective. Nous avons donc défini une méthodologie d’ateliers participatifs interdisciplinaires pour promouvoir la co-construction des états futurs désirés de rivières telles l’Auzon (Vaucluse) et Rize (Rhône) – dans le bassin versant du Rhône, en France. Nous avons créé les conditions d’un débat suffisamment symétrique pour espérer voir émerger une culture hybride commune des cours d’eau à la fois experte, sensible et riveraine.  Par la suite nous avons conçu des maquettes pour guider les maîtres d’ouvrage dans la conception de propositions de restauration concrète, discutées et validés avec les riverains. Après trois ans d’expérimentation, nous sommes en mesure de proposer un retour d’expérience qui montre que, malgré des difficultés, la participation peut permettre de co-construire des projets de restauration robustes et ambitieux sur les plans écologiques et sociaux. Nous expliquons quelles en sont les conditions.


14:40

AUTEURS

NOROTTE Thomas, JACOPIN Bertrand, DUVERGER Eric, GARRIGOU Johan, MERCIER Fabienne

France

Résumé : Le SMAVD est maitre d’ouvrage d’un ambitieux projet de restauration de la continuité piscicole sur les seuils 68, 67 et 66 situés en Basse Durance et qui constituent des obstacles à la circulation de nombreuses espèces. Ce projet prioritaire et très attendu va permettre la remontée de grands migrateurs tels que l’Alose (ouverture de 40km de rivière à leur migration) ou l’Anguille (facilitation de leur migration sur plus de 100km). L’opération consiste en l’aménagement de passes à poissons, à savoir : la construction de rampes à macro-rugosités sur les seuils 68 et 67 accompagnées d’un abaissement partiel de ces seuils à l’intérieur d’échancrures ; la réhabilitation d’une rivière de contournement piscicole sur le seuil 66. La conception de l’aménagement optimal sur le tronçon résulte d’un vaste cycle d’études pluridisciplinaires, portant notamment sur l’impact de travaux sur la nappe et sur la trajectoire hydro-morphologique du tronçon. Le régime hydrologique de la Durance et le calendrier écologique imposent de réaliser les travaux en été, ce qui implique un phasage de travaux conséquent sur 2 étés successifs (2024 et 2025). La première phase du chantier s’est conclue avec succès en septembre 2024, et a déjà permis de dresser un bilan des effets sur la nappe. L’opération complète représente un budget de 7.3 M€ HT, frais de travaux, d’études et de suivis inclus. Ces suivis scientifiques portent sur la vérification de la fonctionnalité piscicole de l’aménagement, le suivi de la trajectoire hydro-morphologique du tronçon, le suivi écologique du site, l’évolution de la nappe et la satisfaction des usages préleveurs.


15:00

AUTEURS

LUTZWILLER Nadja, Volker SPÄTH, Bettina SAIER

France

Résumé : L’étude de faisabilité de Rhinaissance est un projet INTERREG franco-allemand mené entre 2020 à 2022 par le Regierungspräsidium Freiburg (Allemagne), accompagné par la Région Grand Est (France). Il a pour objectif général la revalorisation écologique du Vieux Rhin au droit du feston de Rhinau et de ses zones alluviales franco-allemandes dans un contexte de changement climatique. Pour ce faire, une série de mesures modulaires ont été étudiées. La zone d’étude se situe sur le Rhin Supérieur à environ 25 km en amont de Strasbourg et comprend une surface de 16 km2 sur un tronçon du Rhin de 11 km. Les solutions étudiées par le groupement Ingérop – ILN (Institut für Landschaftsökologie und Naturschutz) incluent la création de nouveaux habitats, l’abaissement des chemins de halage pour favoriser les débordements, la modification des ouvrages hydrauliques pour améliorer la connectivité du réseau aquatique, et l’intégration de structures pour guider les crues et redynamiser le fleuve à l’intérieur du lit majeur établi. L’objectif final est de rétablir un équilibre durable du cours d’eau qui soit dynamique, connecté, et bénéfique aux écosystèmes locaux tout en tenant compte des usages humains. En 2025 et 2026, dans le cadre d’un nouveau projet INTERREG, la phase suivante sera réalisée. Elle comprendra une conception détaillée, des modélisations hydrauliques 2D, une étude hydromorphologique, des investigations faune et flore et une étude des bénéfices écologiques des habitats potentiels.


15:20

AUTEURS

Marion Cesari, Thibaut Mallet, Laura Marre-Cast, Manu Pivasset, Tao Manicacci

France

Résumé : Le Rhône, fleuve le plus puissant de France, se sépare en deux bras, le Petit Rhône et le Grand Rhône, avant de se jeter dans la mer Méditerranée. Le Petit Rhône s’écoule sur plus de 60 km et capte 11 à 13% du débit du Rhône. Il est endigué sur la quasi-totalité de son parcours, protégeant environ 30 000 habitants du risque inondation. Les digues, construites sous Napoléon III, datent de la deuxième moitié du 19ème siècle. Très anciennes, elles présentent de nombreuses défaillances favorisant des infiltrations d’eau en leur sein lorsque le Rhône est en crue. Ces infiltrations peuvent causer des érosions importantes et mener à une brèche dans la digue, causant des lâchers d’eau importants et entraînant ainsi des inondations dommageables pour les populations et les biens. Les milieux naturels qui bordent le fleuve et les digues sont constitués essentiellement de la ripisylve et de zones humides. Ces milieux ont très peu de place pour se développer du fait de la présence des digues, implantées souvent très proches du fleuve. Faire le choix de conforter les digues en place aurait entraîné la destruction de ces milieux. C’est pourquoi le SYMADREM a choisi de reconstruire les digues en recul du fleuve sur des zones à moindre enjeux, permettant également de s’affranchir des risques d’affouillement de berges. Reculer les digues offre ainsi une opportunité intéressante pour restaurer les milieux alluviaux dans l’espace libéré au fleuve. Un programme de restauration écologique a été conçu pour permettre au fleuve de retrouver un fonctionnement plus naturel.